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Pézenas en fête : 800 ans de Poulain et un bestiaire en folie

Auteur : Philippe Delmotte       |       Publié le : 29 septembre 2026 dans la catégorie Patrimoine

Pézenas en fête : 800 ans de Poulain et un bestiaire en folie

Ce dimanche, c’était jour de fête et de célébration à Pézenas. Et pas n’importe quelle célébration ! 800 ans, tout de même… Plus qu’un long bail : huit siècles de légende pour l’animal totémique de la ville, le célèbre Poulain !

Mais le Poulain n’a pas gambadé seul dans le dédale des rues de l’ancienne ville. Pour rien au monde les Piscénois et les Piscénoises n’auraient manqué la fête. Certains avaient revêtu leurs plus beaux pulls marins, d’autres avaient choisi de se travestir, et tous semblaient bien décidés à profiter pleinement de cette journée pas comme les autres.

Car plusieurs autres Totems avaient fait le déplacement pour venir fêter le Poulain comme il se doit.

L’Olivier de la Roque se devait évidemment d’être de la partie !

Dans une ambiance festive et bon enfant, la foule a suivi ce véritable bestiaire à ciel ouvert, ponctuant chaque acrobatie, chaque pas de danse et chaque ruade de joyeux « Viva ! », au rythme endiablé des bandas locales.

Tout ce petit monde s’est finalement retrouvé place Gambetta pour un final mémorable.

Le Poulain ouvre le bal

À tout seigneur, tout honneur : le Poulain ouvre le bal au son des fifres et du tambour. Pampille, son meneur, le conduit avec adresse dans le cercle formé par une assistance particulièrement nombreuse.

Puis soudain, un frisson parcourt l’assemblée.

Deux silhouettes monumentales, portées à dos d’homme, viennent de prendre possession de la place.

Le Cerf Diabolique avance le premier. Sa ramure noire et décharnée accroche la lumière du soleil. Ses yeux injectés de rouge percent l’obscurité tandis qu’il piétine le sol, manipulé avec une tension nerveuse presque agressive.

Face à lui surgit le Dragon.

Ses ailes membraneuses se déploient. Sa lourde silhouette ondule, menaçante, tandis que sa gueule articulée semble pousser de sourds grognements.

Les deux créatures s’observent, puis tournent l’une autour de l’autre dans une véritable danse martiale, accompagnée par les roulements des tambours. Les porteurs accentuent les mouvements de charge : le cerf baisse la tête pour encorner le vide, tandis que le dragon se cabre, toutes griffes dehors.

Le combat atteint son paroxysme lorsque la ramure du cerf s’enflamme, grâce à des artifices produisant des étincelles froides argentées. Une véritable couronne de feu crépite alors autour de son crâne.

Le Dragon riposte : d’épais fumigènes orangés jaillissent de sa gueule et l’enveloppent dans un spectaculaire nuage volcanique.

Dans cette apothéose de feu et de fumée, les deux géants semblent se consumer et disparaître ensemble, ne laissant derrière eux qu’un épais brouillard mystérieux… et les applaudissements nourris du public.

Quand les Totems entrent dans la danse

À peine le spectacle terminé, le public ébahi accueille l’Ane de Bessan.

Oreilles dressées vers l’avant, regard vif et naseaux entrouverts, il avance fièrement. Sa robe fleurie est recouverte d’une multitude de fleurs en papier crépon multicolores, formant des motifs denses et éclatants dans des tons rouges, jaunes, bleus et blancs.

Sur son flanc trône un fier coq gaulois. Quant à sa queue, qui ressemble à s’y méprendre à une véritable queue de cheval, elle arbore un imposant nœud tricolore bleu, blanc et rouge.

Et voilà que l’animal se met à osciller d’avant en arrière, puis de droite à gauche. La musique des peñas devient plus vive : l’Ane rue, se cabre, s’agite, devient fougueux. Quel spectacle !

À son tour surgit Lo Chivalet, le traditionnel chevalet de Florensac, recouvert de fleurs rouges et blanches.

L’animal sauvage et facétieux avance, tourne, se cabre et secoue joyeusement les deux amants qui le chevauchent, pour le plus grand plaisir de la foule.

Plus petits, mais tout aussi attendus, voici Léo et la Cabreta.

Léo, le lion de la commune d’Aumes, et La Cabreta, la chèvre de Montagnac, entament leur danse lorsqu’un drôle de totem vient prendre place à leurs côtés.

Un petit renseignement pris auprès de Monsieur Armand Rivière, maire de Pézenas, permet de lever le mystère : il s’agit de la Cèbe totémique de Lézignan-la-Cèbe, cet emblème géant en forme d’oignon doux.

La foule applaudit. Les enfants sourient, émerveillés par ce spectacle aussi impressionnant que festif et amusant.

Puis peu à peu, la fête touche à sa fin. Les musiciens rangent leurs instruments. Les animaux sont soigneusement déposés. Les porteurs, eux, peuvent enfin souffler après avoir fait virevolter leurs imposantes créatures dans les rues et sur la place Gambetta.

Après tant de danses, de ruades, de feu et de fumée, une autre tradition attend tout ce petit monde.

Place au banquet !

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