Comment un verre de vin nous a conduits à l'Olivier de la Roque

Auteur : Philippe Delmotte       |       Publié le : 24 juin 2026 dans la catégorie Vie de l'Olivier

Notre histoire à Margon commence par une anecdote que nous aimons particulièrement raconter.

À l'époque, lorsque nous passions nos vacances dans la région, nous avions pris l'habitude de commencer chaque séjour par un bon repas à la Table d'Anatole, à Pézenas. Un soir, en parcourant la carte des vins, je me laissai tenter par une bouteille de Carignan du Domaine Desmaillé. Je ne connaissais pas ce vin, mais le patron du restaurant salua mon choix avec enthousiasme.

Dès la première dégustation, ce fut une véritable surprise.

La robe, les arômes, l'équilibre en bouche... Nous avions l'impression de découvrir un grand vin, digne des meilleures maisons bourguignonnes. Nous étions littéralement soufflés.

Curieux de rencontrer le vigneron, nous avons photographié le numéro de téléphone figurant sur la contre-étiquette de la bouteille. Malheureusement, un chiffre était illisible. Le lendemain, il nous fallut donc essayer les dix combinaisons possibles.

Une seule répondit.

Au bout du fil, Hervé Maillé.

Quelques jours plus tard, nous faisions sa connaissance, ainsi que de sa charmante épouse Brigitte, dans sa cave, au pied du château de Margon.

À ce moment-là, nous étions loin d'imaginer que cette rencontre allait changer notre vie.

Depuis plusieurs années déjà, nous étions tombés amoureux de la région de Pézenas. À l'approche de la retraite, nous envisagions sérieusement de nous y installer.

Pendant près de cinq ans, nous avons recherché la maison idéale.

Nos critères étaient précis : une maison pleine de charme, un grand terrain, aucun vis-à-vis, une piscine, du calme et une belle vue. Rien d'extraordinaire... du moins sur le papier.

Depuis la Belgique, la recherche s'avérait pourtant compliquée. Les agences immobilières nous envoyaient chaque semaine de nombreuses propositions, mais très peu correspondaient réellement à nos attentes.

À trois reprises, je suis descendu dans l'Hérault pour visiter des biens. À trois reprises, je suis reparti déçu.

La dernière visite fut celle de trop. La maison se trouvait dans un environnement particulièrement bruyant, à l'opposé de ce que nous recherchions. Sur la route du retour, je me suis dit que parcourir mille kilomètres pour constater que personne ne tenait compte de nos critères n'avait plus de sens.

J'étais prêt à abandonner.

C'est précisément à ce moment-là que mon téléphone sonna.

À l'autre bout du fil, Hervé Maillé.

Il souhaitait simplement savoir si nous avions trouvé notre bonheur. Puis il ajouta qu'il lui semblait qu'une maison était peut-être à vendre dans sa rue, chemin du Plo à Margon. Quelques instants plus tard, il m'envoyait une photographie.

Intrigué, je décidai d'aller voir sur place.

Aucun panneau « À vendre » n'était visible. J'ai pourtant sonné à la porte. Deux jeunes Anglais m'ont ouvert. Ils m'expliquèrent que la maison appartenait à leur grand-mère de 92 ans et qu'il était effectivement possible que leur mère la mette bientôt en vente.

Ils me donnèrent ses coordonnées.

Toujours avec une certaine audace, j'appelai à Londres.

Tina confirma que la maison devait être confiée à une agence dans les quinze jours suivants. Je lui demandai alors s'il était possible de la visiter immédiatement.

Quelques heures plus tard, accompagné du voisin, Nic, je découvrais la propriété pendant que Fabienne suivait la visite en visioconférence depuis la Belgique.

La maison avait besoin de quelques travaux.

Le jardin de près de 2 000 m² demandait également beaucoup d'entretien.

Mais elle possédait tout ce que nous recherchions.

Une belle piscine, aucun vis-à-vis, un calme absolu et surtout une vue exceptionnelle sur les vignes, les collines environnantes et, par temps clair, jusqu'aux Pyrénées.

Tous nos critères étaient réunis.

Le coup de foudre fut immédiat.

Quelques jours plus tard, notre offre était acceptée et nous devenions propriétaires de ce qui allait devenir l'Olivier de la Roque.

Appelez cela comme vous voulez : la chance, le hasard ou le destin.

Mais qui aurait pu imaginer qu'un simple dîner à Pézenas, une bouteille de vin choisie presque au hasard et un numéro de téléphone partiellement effacé nous conduiraient un jour jusqu'à cette maison de Margon ?

Chaque fois que nous admirons la vue depuis la terrasse, nous repensons à cette succession de coïncidences qui nous a menés ici.

Et l'histoire continue puisque notre voisin Hervé nous fait encore découvrir chaque année de merveilleux vins, blancs, rouges et même oranges.

Comme quoi, certaines rencontres changent parfois bien plus qu'une soirée.

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