Charme des chemins depuis l'Olivier de la Roque : un matin dans les Avant-Monts
Auteur : Philippe Delmotte       |       Publié le : 27 juin 2026 dans la catégorie Les randonnées
Ce matin, nous quittons l'Olivier de la Roque pour une randonnée matinale. Le soleil grimpe doucement dans le ciel, à peine voilé par quelques nuages épars, et l'air est encore frais avant les fortes chaleurs de l'été.
Partir en promenade depuis la maison, c'est toujours choisir : à gauche vers le village de Margon ou à droite vers les vignes. Après quelques dizaines de mètres seulement, nous voilà déjà plongés dans l'un des plus beaux paysages des Avant-Monts. Entre les reliefs du Haut-Languedoc et l'appel lointain de la Méditerranée, la campagne héraultaise offre ici une sérénité incomparable.
L'été s'est désormais installé. Les genêts ont perdu leurs éclats jaunes, les coquelicots se sont effacés et les feuillages ont pris cette teinte profonde qui annonce les longues journées ensoleillées. Pourtant, rien n'altère la beauté des lieux. Au sommet d'une légère montée, nous nous retournons pour admirer le château de Margon qui domine le village, tandis qu'au loin se dessine la silhouette majestueuse du massif du Caroux.
Le long du chemin apparait le premier mazet. Ces petites constructions de pierre, appelées autrefois borios en occitan, font partie intégrante du paysage. Les viticulteurs y trouvaient refuge lors des fortes chaleurs ou des orages, et les chevaux qui travaillaient dans les vignes y étaient parfois abrités. Certaines possèdent encore une cheminée, une mangeoire ou un ancien foyer. Envahies par la végétation ou patinées par le temps, elles racontent silencieusement l'histoire rurale du pays.
Les vignes, elles, sont déjà chargées de grappes bien formées. Nous observons avec étonnement la croissance des jeunes plants que nous avions vus être mis en terre il y a seulement deux ans. Le vignoble change sans cesse, mais demeure l'âme de ces paysages.
Nous quittons bientôt le chemin du Plo pour emprunter un petit sentier ombragé récemment entretenu par les employés communaux. Les chênes et les arbustes forment une véritable arche végétale où la fraîcheur persiste encore. Dans les branches, mésanges, moineaux friquets et pipits accompagnent les cigales dans une symphonie estivale qui ne cesse jamais vraiment.
Ici, les possibilités de promenade sont infinies. Petites routes, chemins de vignes et sentiers de garrigue permettent de renouveler chaque sortie. Nos pas nous conduisent une nouvelle fois jusqu'au domaine du Brescou., remarquable propriété viticole dont l'histoire remonte au XIVᵉ siècle et dont les terres sont consacrées à la vigne depuis plusieurs centaines d'années.
Nous poursuivons ensuite vers Alignan-du-Vent. Les paysages changent au gré des reliefs : oliveraies, amandiers, champs de blé, garrigues parfumées et vignobles dessinent une mosaïque fascinante. Au loin, le Pic du Vissou demeure notre repère, tandis que se distinguent le clocher de Caux, la cave coopérative de Roujan et la discrète et très ancienne chapelle Saint-Nazaire.
Le ciel lui-même participe au spectacle. Des rapaces planent au-dessus des collines, profitant des courants ascendants. Des faucons pèlerins puissants et rapides font des piqués, quelques faucons nous gratifient d’acrobaties spectaculaires.
Sur le chemin du retour, une vigne abandonnée rappelle les difficultés que traversent aujourd'hui de nombreux viticulteurs. Peu à peu, la nature reprend ses droits et recouvre les anciens ceps de fleurs sauvages et de végétation spontanée. Une autre forme de beauté, plus mélancolique peut-être, mais tout aussi émouvante.
Après une dernière traversée entre pinède et oliveraie, les tours du château de Margon réapparaissent au-dessus de la garrigue. Depuis le chemin des Fourquettes, nous apercevons enfin les arbres qui entourent l'Olivier de la Roque.
Une heure et demie de marche seulement, juste avant les grandes chaleurs. De retour à la maison, une douche fraîche, un bain dans la piscine et quelques pages d'un bon livre à l'ombre du parasol prolongeront parfaitement cette parenthèse de douceur.
C'est aussi cela, le bonheur simple de vivre ou de séjourner à l’Olivier de la Roque au cœur des Avant-Monts.