Tourbes O’Jazz : deux soirées, du jazz et beaucoup de plaisir
Auteur : Philippe Delmotte       |       Publié le : 24 août 2026 dans la catégorie La vie locale
Depuis plusieurs années, nous ne manquons pas LE rendez-vous jazz de l’Hérault.
Vendredi et samedi, nous avons donc repris la route pour Tourbes, à quelques encablures de L’Olivier de la Roque. Et, une fois encore, le Tourbes O'Jazz nous a offert deux soirées absolument délicieuses.
Créé en 2012 par un groupe de bénévoles et de musiciens, le festival a conservé cette âme qui fait sans doute toute sa force. Tourbes O’Jazz est un festival à part. Convivial, chaleureux, généreux… et terriblement musical !
Nous l’avions découvert il y a quatre ans, alors que nous séjournions au Prieuré Saint-Martial, entre Alignan-du-Vent et Tourbes. Depuis, nous ne manquons plus le rendez-vous.
Et cette année, les organisateurs avaient mis la barre très haut avec une invitée de choix : Andrea Motis.
L’an dernier déjà, ils nous avaient régalés avec Grégory Privat. Nous avions pris une véritable claque dès qu’il avait posé les mains sur son piano.
Alors Andrea Motis… forcément, nous étions curieux.
Mais avant de parler de l’apothéose, revenons à ce qui fait aussi le charme de Tourbes O’Jazz : l’art de mélanger musique, vin et gastronomie dans un esprit de très grande convivalité.
Chaque année, deux viticulteurs et quelques restaurateurs façon food-truck sont invités. Pour quelques euros, on peut ainsi découvrir les vins et les produits du terroir tout en profitant des concerts.
Cette année, nous avons tout particulièrement apprécié les vins du Domaine de l'Envolée, déjà rencontré lors de Vino Cap à Agde. L'occasion cette fois d'aller un peu plus loin dans la découverte, avec un rosé, un blanc et un rouge dégustés avec beaucoup de plaisir. Et pour ne rien gâcher, nous avons eu le plaisir de partager notre table avec Joël, Virginie et Béatrice, une compagnie particulièrement agréable pour cette première soirée.
Vendredi, swing et Nougaro
Pour commencer la soirée, le Trio Christine nous accompagne dans nos découvertes gastronomiques avec son jazz manouche et swing.
Basse, guitare et la jolie voix de Christine Gutknecht, pour un répertoire où se mêlent chansons françaises et brésiliennes. Une entrée en matière chaleureuse, sous un soleil qui descend doucement sur Tourbes.
Puis direction les gradins de la scène principale pour retrouver le Blue Train Quintet.
Petite histoire dans l’histoire : le trio familial du groupe avait commencé en 2024 un hommage à Claude Nougaro sous le nom de « Léo & Co ». Un récital malheureusement interrompu par la pluie.
Cette fois, pas un nuage menaçant à l’horizon. L'histoire peut donc reprendre là où elle s'était arrêtée.
Le trio nous offre une magnifique relecture de chansons connues ou plus confidentielles du maestro toulousain, parfois accompagné de Jean-Michel Cabrol et Dominique Rieux à la trompette et au saxophone.
Puis le Blue Train Quintet, au grand complet, nous embarque dans quelques fabuleuses envolées, avec des compositions issues de leur dernier opus.
Un joli voyage dans le jazz des années 50, tout en sensibilité et en couleurs musicales.
Samedi, avant Andrea…
Le samedi, c’est le FMS Jazz Trio, venu de Béziers, qui nous accompagne pendant notre dégustation de produits régionaux.
Saxophone, piano et contrebasse : un apéritif musical élégant, tout en douceur et en harmonie. Exactement ce qu’il faut pour éveiller les oreilles avant la suite…
Sur la scène principale, deux guitaristes prennent alors place.
Josep Traver et Jurandir Da Silva entament un duo virtuose, complice et généreux. Une introduction magistrale avant l’artiste que tout le monde attend.
Andrea Motis, l’élégance
Andrea Motis est un phénomène.
Née à Barcelone, elle apprend le piano et la trompette dès l’âge de 7 ans. Adolescente, elle rejoint le Sant Andreu Jazz Band comme trompettiste et se fait rapidement remarquer pour sa virtuosité.
À 17 ans, elle sort son premier album, entre standards de jazz et de blues et compositions originales.
Et puis il y a cette rencontre qui en dit long : Quincy Jones lui-même la fait monter sur scène au festival de jazz de Barcelone en 2012, impressionné par son talent.
À Tourbes, dans ce joli décor presque de salon feutré, Andrea apparaît dans une élégante robe rouge.
Sa voix douce, son jeu de trompette délicat et la complicité avec ses guitaristes font merveille. Pas besoin d'en faire trop. Tout est dans la finesse, la maîtrise et l'émotion.
Pour reprendre Will Friedwall, « « Où qu’Andrea Motis chante et joue, il y a toujours beaucoup de soleil ».
Quelle soirée !
De l’élégance, de la douceur, de la virtuosité… et beaucoup d’émotion.
Cette année encore, Tourbes O’Jazz nous aura offert un sublime voyage musical.